Pourquoi j’ai arrêté d’acheter

esprit minimaliste le jour ou jai arrete d'acheter

Il y a quelques années de cela, je ne me posais pas de questions lorsque j’achetais quelque chose, au contraire cela faisait partie de mon quotidien: les courses du samedi matin, les virées shopping entre ami(e)s après une journée de cours, le lèche-vitrine aux heures perdues…En somme, trouver comment dépenser l’argent que j’avais durement gagné.

Et si acheter, posséder, entretenir, réparer, pour finalement jeter ces objets, n’était pas une obligation, un acte incontournable? Nous aurions-nous menti?
De nos jours, acheter est devenu un passe-temps, et parfois même chez certains, une véritable passion, car nous avons été élevés dans une société de consommation et de publicité. Chaque jour, nous sommes encouragés à dépenser encore et toujours plus notre argent. Consommer: ce mot est devenu banal, plus grand monde ne réfléchit à ce qu’il y a derrière, c’est à dire à ces armées de publicitaires, grassement payés, pour qui le but est de vous faire croire que vous serez plus heureux si vous achetez le tout dernier Apad ou le dernier rouge à lèvre Yves Saint Marrant.

Et nous, dans tout cela? Sommes-nous réellement plus heureux? Est-ce qu’une fois cet objet tant convoité devenu nôtre, nous nous sentons plus complet? Épanoui(e)? Ou, est-ce qu’au contraire une fois l’euphorie des premiers jours retombée, nous convoitons autre chose? Un cercle vicieux!

Oui en effet… Je pense qu’il y a grand besoin de réfléchir à tout cela. C’est ici et maintenant que commence votre nouvelle vie. Pour cela, je vous propose, de découvrir mon cheminement personnel et ensuite, de vous livrer mes conseils, pour que vous puissiez à votre tour, arrêter d’acheter.
En quelques mois à peine, j’ai parcouru un long chemin, je suis passée par différentes étapes pour en arriver au minimalisme. Voici mon parcours. J’espère qu’il deviendra également le vôtre. Je venais tout juste de décrocher une licence d’anglais et n’avais rien de la fibre environnementaliste, aucune prédisposition, et pourtant! Un soir, en bullant sur internet, je suis tombée sur un article du blog d’Antigone XXI. J’ai lu son article sur le ‘no-poo‘ (qui consiste, pour faire très court, à abandonner les shampoings chimiques et à espacer les lavages de notre chevelure afin de moins l’abîmer).

Cette découverte, toute nouvelle et si innovante, m’a donné envie de me renseigner, de réfléchir, sur l’effet des produits chimiques que les industriels nous mettent, littéralement, dans le crâne (oui mon cheminement vers le minimalisme vient de très loin, mais nous allons y arriver, c’est promis). J’ai passé en revue tous mes produits de beauté (et j’en avais, c’est peu de le dire), mes gels douches parfum noix de macadamia, fraise à la crème fouettée et autres produits, qui sentent délicieusement bon mais qui vous empoisonnent à feu doux.

J’ai lu beaucoup de blogs, d’articles sur le sujet et j’ai commencé à faire le tri dans mes tiroirs: j’ai terminé mes gels douches et les ai remplacés par des savons, fini les shampoings, adieu vernis chéris (je les aie distribués à qui en voulait). Au revoir crèmes hydratantes et baumes à lèvres (au prix exorbitant)… Bonjour huiles végétales. Non, je vous assure je ne sens pas la vinaigrette!

J’ai trouvé des alternatives à certains produits nécessaires, et jeté le reste. Puis, j’ai découvert le livre Zéro Déchet de Béa Johnson, une Française installée aux États-Unis, qui a réalisé un fabuleux défi: ne plus générer de déchets (1 bocal d’un litre de déchet par an) tout en faisant 40% d’économies. Ce livre m’a carrément changé la vie. J’ai dis adieu au tout-jetable (mouchoirs, essuie tout, rasoir, serviettes hygiéniques et autre) tout en économisant mes sous pour des achats vraiment utiles.

Et puis, en réduisant ma consommation et mes déchets, je me suis rapprochée du minimalisme peu à peu sans vraiment m’en rendre compte. Avons-nous réellement besoin d’avoir dans nos armoires: 6 cravates alors que 4 sont tachées et qu’on ne remettra donc plus jamais, 15 pulls dont 6 ne nous vont plus, 7 ceintures de couleurs différentes, 4 collants dont 2 filés…? Et pareil pour le reste de la maison: 8 chaises, 2 tables, une ribambelle de bibelots souvenirs de nos vacances aux Antilles, et l’assiette souvenir de mamie accrochée au dessus de la télé, est-ce bien utile? De collectionner les timbres ? (votre collection ne sera jamais complète soyez-en sûr et que de temps et d’espace perdu…). De suspendre des photos de nos proches sur les murs? D’avoir 10 paires de chaussures alors que nous n’avons que 2 pieds? Est-ce que l’entretien de toutes nos possessions en vaut la peine? Et si avoir moins de choses nous permettait de moins perdre notre temps à astiquer nos maisons et au contraire, de faire des choses qui nous plaisent vraiment comme jardiner, dessiner, découvrir une nouvelle randonnée à vélo, faire du cheval, admirer un coucher de soleil, savourer un bon restaurant. Des choses qui nous tiennent vraiment à cœur et qui nous rendent heureux. Notre vie n’est pas dans nos possessions matérielles.

Donc, après mûre réflexion, j’ai tout passé en revue: chaque étagère, placard, commode, dessous de lit (coin favoris pour stocker l’inutile, soyons honnêtes), livres, vêtements, chaussures, bijoux, photos…

Avais-je vraiment besoin de garder tous ces livres que je ne relirais jamais? Garder les livres offerts par ma mère pour mes 7 ans valaient-ils les heures passées à nettoyer et ranger mais aussi l’aller-retour à Ikea pour acheter une bibliothèque plus grande? Tout cela pour des livres ‘souvenirs’? Je les ai donc pris en photos et les ai revendus pour qu’ils servent à quelqu’un réellement. Fini, je n’achèterai plus de livres papier, j’ai décidé d’utiliser ma liseuse à la place. Mais attention, je ne vous encourage pas ici à en acheter une si vous n’en possédez pas encore: il existe une application Kindle gratuite ou encore la bonne vieille carte de bibliothèque (oui oui). Faire l’effort d’aller à la bibliothèque emprunter un livre (et ce, presque toujours gratuitement) vous motivera à le lire et vous n’aurez pas à lui trouver une place sur votre étagère pour le stocker ensuite. Adieu bibliothèques monstrueusement blindée de livres et de poussière. Bonjour liberté, légèreté et espace. Et vous? Allez-vous relire vos livres un jour? Faites un choix: lisez-les ou donnez-les. Vos étagères vous diront merci et vous ne culpabiliserez pas en les regardant dormir sur votre table de chevet. Si vous n’avez plus besoin de votre étagère après avoir fait le tri, enlevez-la, rebouchez les trous et appréciez l’espace retrouvé.

Maintenant vous saurez quoi répondre à la fameuse question: Qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui?

L’accro du shopping n’a qu’à bien se tenir!